livres publiés par écrivaine Nathalie Wall


livres publiés par Nathalie Wall, écrivaine.

En 1997, découvrir son double, au Seuil. Essai toujours disponible dans les bonnes librairies.

En 2002, encore des mots, poésie, chez Deversel.

En 2002, mon retour !, un roman dont le titre n'est pas encore définitif alors que le texte l'est ! Encore un petit extrait...

Sans Karine, ce récit serait sûrement resté inachevé. Je l’ai aussi recontactée par nécessité littéraire. Des songes (ou plutôt : pensées persistantes !) me l’intimaient, d’autres ont ensuite dessiné un TGB, Très Grand Bonheur. Elle n’y apparaissait pas et j’ai cru sa présence évidente... au point de les lui raconter comme si cela la concernait. Elle y a cru aussi. Nous aurions pu rester ensemble et ç’aurait été une triste fin de vie.
Comprendre le passé est aussi une grande leçon d’humilité : tout ceci fut vécu car Anne m’a aimé au-delà de l’Amour, en préférant sacrifier son grand rêve de nos nuits d’Amour pour ne pas me transmettre le sida dont elle se savait ou sentait atteinte.
Serrée contre moi, son « je voudrais au moins faire vraiment l’Amour avant de mourir » aurait pu n’être que romantisme gnangnan... Si tu savais Anne, ce que sont devenues les filles que tu enviais, celles qui ont eu des parents au moins respectables pour suivre leurs études, les protéger des conneries et des dealers. Elles écoutent Vincent Delerm ! Et s’inscrivent sur les sites internet pour se complaire dans la ratiocination de leur naufrage avec de vieilles connaissances aussi paumées et à peine reconnaissables...
Tu savais qu’il me faudrait des années avant d’écrire vraiment. « Ton rêve d’écrivain est plus grand que mon rêve d’Amour » ; maintenant je comprends toute la portée de cette phrase ; je ressentais alors surtout la pointe si significative de ton désir, la pointe de tes seins si fermes contre ma poitrine ; ah ton tee-shirt et ma chemise que nous ne pouvions quand même pas retirer sur cette piste de danse où ton bourreau n’était jamais loin ; j’ai essayé de te sortir de la drogue mais tu avais raison, « on s’est connu trop tard. » Il est parfois trop tard. J’avais 25 ans, toi 19. Je suis devenu celui qui raconte. En 1999, je m’en doutais bien mais il me manquait « la preuve » ; je l’ai cherchée ; ta tombe ; personne ne sait : j’ai pleuré dans un cimetière, pas celui où certaines surveillaient mon improbable passage. Je m’en suis sorti grâce à mes prédécesseurs, maintenant c’est mon tour : j’écris aussi pour celles et ceux qui chercheront une bouée faute de famille digne. Moi aussi on m’a conseillé de jeter mes rêves à la poubelle, être né du mauvais côté condamnait à vie, être mal parti c’est toujours s’engluer... Mais mon savoir, mon expérience, sont inutiles face à un mur, comme le mur de Line.
Line n’a pas souhaité lire ce récit. À ce mail elle a répondu ! Sans elle, il serait sûrement aussi resté inachevé. Version définitive qui ne l’était donc pas totalement...